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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 20:29

4h12

 

Je suis encore brumeuse.

Tes pleurs sont différents.

Une alarme s'active dans ma tête, au diable mon sommeil, cette fois, je dois y aller, je le sais, je le sens.

Je me lève, un peu à regret, à tatons, alertée, aussi. Je te rejoins.

 

Je le savais bien que cette fois ce serait différent.

Tu es réveillé. Ton doudou déjà trempé de larmes, pourtant, j'avais l'impression de m'être réveillée vite...

Je ne suis pas vraiment sûre que tu m'aies entendue arriver.

Je te prends dans mes bras, je fais glisser la turbulette, lourde de ta transpiration de chagrin.

Mon tout petit, je n'aime pas quand tu pleures...

Tu te cramponnes à moi. J'essuie ton nez. Dans le noir, tu cherches mes yeux. Les sanglots sont encore là.

Je te berce doucement, et vient poser ta tête contre mon coeur.

Donne moi tes sanglots au rythme des battements, mon bébé, tes angoisses, tes pleurs, tes peurs, la douleur de devoir grandir, je prends tout, j'absorbe tout, je le transformerai pour toi. Je suis là pour ça, pour toujours.

 

J'attrape doucement le doudou en renfort. J'ai une idée...

Nous quittons la chambre dans la pénombre.

Le balancement des pas te calme, tes sanglots deviennent plus rares. Tu es bien trop curieux, et la nuit tout est tellement autre... Nous sommes arrivés.

J'écarte doucement le rideau : j'avais raison, dehors, il neige.

D'énormes flocons voltigent dans le cône discret des lampes de la rue. Ces drôles de papillons attirent ton regard, tu es captivé par la douce luminosité de ce manteau blanc sur la ville en veilleuse.

 

Tu m'interroges du regard. Je te chuchote les mots de l'hiver à l'oreille.

La chaudière ronronne, le chat nous a rejoint.

Tu poses ta petite main sur la vitre froide, je souffle dessus pour en marquer l'empreinte avec la buée.

Voilà, victoire, tu as souri.

Je te raccompagne alors dans ton petit lit.

Au contact du coton, tu souris de nouveau, et c'est maintenant au doudou tout doux que tu te cramponnes, en basculant sur le côté. Tu dors déjà, lorsque je quitte ta chambre pour rejoindre la mienne.

 

Il est 4h27, je suis fatiguée, épuisée, éreintée... et voilà, moi aussi je souris en me glissant dans mes draps.

 

Dehors, il neige.

 

Je ne pense pas que tu te souviendras de ce moment à part, une nuit de janvier 2012, Maman et toi à la fenêtre à regarder danser la neige sur la rue des oiseaux.

(Moi oui...)

Par Eveeiram - Publié dans : Etats d'âmes de maman
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