Astuce !
Si vous aimez, vous pouvez cliquer !!
:-)
Si vous aimez, vous pouvez cliquer !!
:-)
Allez, ce matin, il aimerait bien que ça marche.
C'était facile de ramener une prise à la maison, mais beaucoup moins de les garder sur la durée. Elle était là, en fait, la vraie difficulté : passer le cap du premier matin avant celui des premiers mois, et après, roule ma poule, enfin, il pourrait se poser dans sa vie. 30 ans sonnés, il était temps, maintenant.
Alors, il avait multiplié les contacts, Internet, les copains, les sorties, il fallait tenter le tout pour le tout, elle était quelque part, il fallait la trouver, la mère de ses enfants respirait en ce moment même.
Et ce matin, la fille qui ne dormait plus dans son lit partait bonne candidate.
Mais allait-elle passer les épreuves de l'aube..... ?
Au moins, elle savait faire la fête, boire, et se tenir ! Et draguer les bonnes personnes, puisqu'elle s'était attardée sur lui.
Bien, elle remuait, le challenge allait donc commencer.
-Hello.
-Salut.
Elle s'étire, elle s'assoit sur le lit.
Y'a pas à dire, un Tshirt d'homme sur le corps d'une femme, c'est classe. En fait, surtout son TShirt, sur son corps à elle.
-T'as dormi comment ? elle demande.
Il aime bien la formule, à réponse ouverte, qui change du banal "ça va?"
-Ben, t'étais en travers.
La réponse lui avait échappé, mais en même temps, pourquoi mentir ? Il s'est dit qu'il allait dire la vérité et qu'il irait plus vite à l'essentiel, comme ça.
Elle a souri. Un sacré sourire qui a fait brillé ses yeux, et tendu les petites rides au coin des paupières.
Paupières pas maquillées, d'ailleurs, tiens. Donc pas de traces de mascara qui coule, pas de marques de fond de teint sur les draps blancs... Bien, bien. Elle marquait des points, la petite...
- Ah oui, et encore, j'ai fait des efforts... Tu as déjà lancé le café ??
Là, Kamel était trop fier : programmer la cafetière était son petit plaisir. Quand il rejoignait sa cuisine après la douche, le café était tout prêt. (Enfin, le café pour un..)
- Oui, enfin, juste un seul.
- La classe, tu programmes ta cafetière...Elle testait même pas, elle savait.
-Tu fais pareil ???
- Ben ouais.
-Cool.
Et là, elle le regardait juste dans les yeux.
Il ne passait plus rien.
Il y avait un blanc.
Un gros blanc... mais ce n'était pas grave. Pas pesant. Juste un blanc. Léger, comme une goutte de lait dans un café.
Comme un blanc d'oeuf à la neige.
Un blanc gourmand.
Un blanc crème.
- Kamel ?
(Ah, elle se rappelait de son prénom, ça aussi c'était un bon point).
- Oui ?
Il se rapproche, s'assoit à côté d'elle sur le lit.
Ils ne s'étaient plus touchés depuis qu'il s'était levé pour mettre un caleçon, lorsque son réveil avait sonné. (Ben oui, il aimait pas ne pas avoir de caleçon le matin et être réveillé, et c'était comme ça et pas autrement.)
Là, il se demandait bien ce qui allait se passer. Elle lui plaisait bien, cette petite. Cette petite Amélie. Il se rappelait bien du prénom, ça faisait Kamélie, on aurait dit un nom de pays.
Et ça allait se finir comme ça, elle allait partir, et basta.
- On mange ensemble à midi ?
Warning ! Une proposition ! Elle allait faire le pot de colle ? Elle allait rester ?
Et si ça marchait ?
Il ne mangeait jamais le lendemain, en général s'ils devaient les revoir, c'était une semaine après, le temps de laisser tomber le soufflé.
- Heuuuuu.... Allez, ouais.
- On se retrouve au Coin perdu ? Ils font des oeufs brouillés du tonnerre. T'aime les oeufs brouillés ? demanda-t-elle en s'extirpant des draps à la recherche de ses fringues.
- Non, je préfère quand ils s'entendent bien. Les oeufs...
(ça, ça passe ou ça casse, se dit-il en laissant échapper sa mauvaise blague...)
- Ah, dur, ce genre d'humour, le matin, mon poussin. Vas-y mollet, la prochaine fois... Dit-elle alors qu'elle enfile son jean. En se marrant.
Celle-là, il voudrait bien la garder. En fait.
- Kamel ?
- Oui ?
- Tu me gardes ?
- Oui.
- Cool. Je veux bien du café, s'il te plait.
- Oui, avec plaisir. A quelle heure, le restau ?
Quand il se souvient de cette scène, il ne se rappelle plus trop la réponse, ni le repas d'aiilleurs.
Il se rappelle juste de l'impression qu'il venait de prendre le bon rail, que le train de sa vie venait de prendre le bon aiguillage, et qu'il avait posé ses valises.
Enfin était venu le dernier des premiers matins.